L’imposture de l’homo œconomicus part II

Tous des péripatéticiennes pour les idéologues.

Nous serions tous des croqueuses de diamants, des créatures vénales cherchant à engranger du capital. L’actualité des « révoltés » des régulations sur le travail dominical, nous renvois a une autre idée reçue engendrée par la théorie de l’homo œconomicus.

« Travailler plus pour gagner plus » nous disaient-on il y a peu de temps. Avec en corollaire l’idée que plus payer les individus étaient non seulement un facteur absolu de motivation, mais aussi d’efficacité dans le travail et de sentiment d’accomplissement. Mais cette représentation de la psychologie humaine, s’avère tenir plus du fantasme que de la réalité.

Les véritables racines de la motivation.

Une étude de Judge et al. (2010) regroupant 92 articles compilant 120 ans de recherche sur ces questions de rémunération/satisfaction indiquent que la corrélation entre le salaire et la satisfaction au travail est très faible. Par ailleurs, ce constat se porte sur l’intégralité des études sur la planète, ce qui amène à penser qu’on a à faire ici à une caractéristique humaine, pas seulement culturelle.

Encore plus intéressant, une autre méta-analyse (analyse regroupant plusieurs articles) de Deci et al. (1999), synthétisant 128 articles, apportent deux informations en totale opposition avec la doxa.

Non seulement l’augmentation de la rémunération n’entraîne pas une hausse de la motivation, mais elle aurait même, dans certains cas, l’effet inverse. Pour être plus précis, l’augmentation des gains financiers motive quand il s’agit de tâches répétitives et ennuyeuses (travail à la chaîne, caisse de supermarché etc.), mais lorsqu’on rentre dans les activités intéressantes, porteuses de sens, tout ce qui peut mobiliser notre sens de l’analyse, notre créativité etc. on constate un effet inverse. Plus on augmente la rémunération, moins il y a de motivation et de satisfaction au travail. Ce phénomène semble notamment être universel et donc non dépendant des cultures.

En psychologie, on parle de deux types de motivations, intrinsèque et extrinsèque. Comme leurs noms l’indiquent, l’une est relative à vous-même, vos buts, aspirations, croyances etc. , la seconde à des exigences extérieures, ne pas se faire punir, faire plaisir aux autres etc. La motivation intrinsèque a plus d’impact sur vos comportements et prise de décisions. Lorsque l’on exerce une activité intéressante et gratifiante à titre personnel, tout se passe comme si notre motivation intrinsèque rentrait en compétition avec la motivation extrinsèque.

Une actualité nous rappelant sans cesse notre attachement au partage.

Le mouvement des logiciels libres, les activités bénévoles, les métiers tournés vers les autres peu gratifiant financièrement, les myriades de blogs gratuits faisant un magnifique travail journalistique, sont autant d’éléments menant à croire que ce qui nous motive ne se résume pas à quelques sous…

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