L’imposture de l’homo œconomicus part I

Une croyance de la société bourgeoise.

Avant toute chose, une explication s’impose pour ceux qui assimileraient le titre de cet article à du charabia. Le concept d’homo œconomicus, fait de l’être humain un être absolument rationnel, cherchant à maximiser son profit matériel et s’adonnant sans cesse à un ensemble de calcul froid et méthodique. Selon cette conception, lorsque vous parlez à une personne, commencez une carrière etc. c’est toujours en vous demandant ce que cela vous coûtera ou rapportera. A l’opposé, une personne qui agit sans intéressement économique, sera perçu comme non rationnelle. Ainsi, pour ceux qui croient au modèle de l’homo œconomicus, le bénévolat, prêter un DVD, renseigner gratuitement quelqu’un dans la rue, entre autres exemples, peut être assimilé à un acte irrationnel, presque fou.

Mis à mal par l’analyse scientifique.

Mais ce modèle de croyance, qui on peut l’imaginer, sied parfaitement aux représentations économiques actuelles, semble être balayé par l’analyse scientifique. Il existe une expérience appelée le « jeu de l’ultimatum », qui permet de se rendre compte du peu de « rationalité » des prises de décisions humaines ou pour être moins péremptoire, du peu de rationalité économique matérialiste de nos prises de décisions.

Méthode.

Ce jeu, qui a été réellement expérimenté, notamment par Oosterbeek et al. (2004), consiste à constituer des binômes, puis on donne une somme d’argent par exemple 100 €, à un des individus et on explique aux deux la consigne. Cette consigne est la suivante :

Vous (celui à qui on donne l’argent) allez devoir partager cette somme avec votre partenaire, vous pouvez lui proposer n’importe quel somme. Si celui-ci accepte, vous partez tous deux avec l’argent. En revanche, si votre partenaire refuse les modalités de partage, vous partez tous deux les mains vides.

Résultats.

Selon les croyances induites par le modèle de l’homo œconomicus, le partenaire qui n’a pas d’argent au début de l’expérience devrait TOUJOURS accepter l’échange. Car même si on lui donne 1€ et que l’autre part avec 99 €, il aura gagné 1 € de plus qu’avant le début de l’expérience. Hors, ce que l’on constate, c’est que les personnes n’acceptent le « deal » qu’autour d’un partage à 50/50. Il est amusant de remarquer que les résultats ne sont pas les mêmes si l’expérience est menée ailleurs dans le monde, montrant à quel point la culture influe sur notre vision du partage et de l’argent.

On a ici assurément, une destruction de la notion d’homo œconomicus. Et probablement, un phénomène qui montre notre goût, naturel ou culturel mais bien réel, pour le partage équitable et juste.

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Une réflexion sur “L’imposture de l’homo œconomicus part I

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