Another Brick in the Wall

Le biais d’ancrage

Il est de bon ton de se présenter sous son avantage à un premier rendez-vous. Cette idée, très présente dans la sagesse populaire, vient de l’idée que la première impression est importante car elle se fixe plus profondément dans l’esprit. En psychologie, la notion de biais d’ancrage explique que lors de la première présentation d’un stimulus, notre cerveau l’associe durablement à l’état émotionnel du corps. Cette ancre sert de patron, conditionnant les interactions à venir avec ce même stimulus. Cet effet ne se limite pas au domaine social et engendre des conséquences, notamment dans l’éducation, qu’il ne faudrait pas négliger.

Stimuler sans conditionner

Laura Schulz et ses collègues du Massachusetts Institute of Technology, élaborèrent une expérience où l’on donnait à des enfants un nouveau jouet, celui-ci possédant divers fonctions.

Méthode

85 enfants préscolarisés devaient interagir avec ce jouet complexe selon quatre conditions: pédagogique, avec interruption, naïve et niveau de base. Dans la condition pédagogique, l’expérimentateur montrait une fonction parmi les divers du jouet, sans en mentionner aucune autre.

  • La condition avec interruption, se déroulait comme la précédente, à ceci près que l’expérimentateur feintait une chose à faire qui le faisait sortir de la pièce après une brève démonstration de la fonction.
  • Dans la condition naïve, l’expérimentateur montrait le jouet comme s’il venait de le découvrir et mimait la surprise en découvrant une fonction.
  • Enfin, la dernière condition consistait à simplement poser le jouet en face de l’enfant, en disant qu’on venait juste de le découvrir.

Dans l’ensemble des conditions, l’expérimentateur quittait la pièce peu de temps après avoir présenté le jouet.

Résultats

A l’issue de cette expérience, il apparaît que les enfants dans la condition pédagogique sont ceux qui ont le moins découvert les autres fonctions du jouet, se cantonnant à la fonction qu’on leur avait présentée. Pire encore, ceux de ce groupe sont ceux qui ont passé le moins de temps sur le jouet, passant à peine plus de deux minutes sur la condition pédagogique et plus de trois minutes sur la condition de base. Les enfants semblent sensibles à une forme d’autorité de l’adulte expérimentateur, en fournissant une seule fonction au moment de la découverte du jouet, il crée l’idée profonde qu’il n’y a pas d’autres fonctions dans ce jouet engendrant à la fois un pauvre comportement exploratoire é et une faiblesse de l’attention soutenue.

Plus généralement, cela nous amène à réfléchir au rôle de l’éducateur, des médias et de l’autorité, dans la création de systèmes représentatifs pré-séants et met en perspective les discours sur la nécessité du «retour de l’autorité» à l’école. Devons-nous suivre les recommandations des philosophes de pacotilles et autres salariés du clash télévisuel? Ou essayer d’élaborer une réflexion pertinente, étayer par la recherche, sur les systèmes de transmission?

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Une réflexion sur “Another Brick in the Wall

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