Fluidité, représentation et racisme

Est-ce que la fluidité des gestes entraine la fluidité des idées?

Cette question amène à deux notions, l’une la correspondance « naturelle » entre un mot et un concept. L’autre la capacité de transfert, entre une procédure physique et une procédure mentale. En 2013, Michael Slepian de L’Université de Stanford et ses collègues ont exploré cette question dans une série d’expériences.

L’une  d’entre elles consistait à dessiner différentes figures à partir d’un modèle. un groupe devait dessiner une figure A dite « fluide » l’autre une figure B dite « non fluide ».

Mouvements

Figures que les participants devaient reproduire

Par la suite, les participants devaient remplir un questionnaire pour établir leurs états émotionnels (calme, nerveux etc.). Ces questionnaires permettant de contrôler les paramètres émotionnels des participants. La troisième étape consistait à faire remplir un questionnaire ayant pour but d’établir à quel point on associe une « race » (noire, blanche, asiatique)  à des caractéristiques essentielles. L’hypothèse s’est confirmé et les participants qui avaient effectué des mouvements fluides établissaient significativement des frontières moins rigides entre les « races » que ceux qui avaient effectué des mouvements rigides. Il n’y avait pas de différence significative au niveau des états émotionnels des participants, ce n’est donc pas cela qui a influé sur le questionnaire de catégorisation raciale.

Dans une autre expérience, reprenant les deux mêmes premières étapes que la précédente, on remplaça la partie questionnaire par un test. Au cours de celui-ci on présenta aux participants une série de visages créer artificiellement à partir de personnes noires et blanches. La tâche consistait cette fois-ci à classer les visages dans les catégories blanc, noir ou biraciale. Là encore, ceux qui avaient effectué des mouvements fluides, rangeaient plus facilement les visages dans la catégorie biraciale. Cette effet, de fluidification de la pensée par le geste, c’est reproduit dans différents protocoles et donne donc à réfléchir…

Peut-on espérer d’autres » transferts intermodales » de ce type? Est-ce que la pratique régulière d’une activité sportive où la fluidité du corps est primordiale entraîne des comportements plus fluides?

Si c’est le cas, à quel point on peut tirer partie de ce concept dans l’éducation? La gestion?

 

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