L’humiliation : la raison de l’inertie.

Un sentiment toujours d’actualité.

Les coïncidences existent et font parfois bien les choses. En scrutant les publications scientifiques sur cette merveilleuse bibliothèque qu’est internet, je tombe sur plusieurs articles traitant de l’humiliation qui attire mon attention. L’humiliation ce sentiment si désagréable et si prompt à resurgir sur le devant de notre conscience, comme une mauvaise série sans cesse reprogrammée. Et bien il s’avère que divers études mettent en lumière les effets délétères de ce sentiment dans les sociétés. Alors commençons cette série sur l’humiliation par une de ses conséquences: l’effet d’inertie.

Les conflits, l’occupation, d’excellents terreaux pour l’humiliation.

L’occupation offre un cadre « idéal » d’étude, cette situation entraînant par définition impuissance et soumission, si consubstantiel au sentiment d’humiliation. Si il existe une partie du monde où l’occupation est une réalité, c’est dans la « bande de Gaza » et la Cisjordanie. Peu importe ses sympathies personnelles à l’égard de telle ou telle communauté, nous trouvons dans le conflit israelo-palestinien « un cas d’école » de situation à haut potentiel humiliant pour une partie de la population. C’est donc ce malheureux cadre qui servit de lieu d’étude à Jeremy Ginges chercheur au département de psychologie de New-York et Scott Attan, anthropologue travaillant pour le CNRS.

Se faire humilier est négativement corrélé à la violence politique.

En 2008, les deux hommes cherchèrent à comprendre quels étaient les éléments qui créaient le sentiment d’humiliation au sein de la communauté palestinienne, d’autre part ils voulaient vérifier si c’était ce sentiment qui amenait à justifier la violence et notamment le recours aux attentats-suicides. Via une série de questionnaires passés au crible de l’analyse statistique, Ginges et Attan découvrirent dans un premier temps que la population palestinienne, bien que se sentant profondément humiliés par divers paramètres d’occupations (points de contrôle, colonies,  etc.) ceux-ci n’associent pas les attentats-suicides à un sentiment de joie, invalidant l’idée qu’une action violente portée contre l’occupant soit une réponse au sentiment d’humiliation.

Plus l’humiliation est vivide dans l’esprit, moins il y a sentiment de joie.

Les chercheurs interrogèrent des palestiniens proche du mouvement Hamas, qui sont connu pour être profondément anti-israélien. En suivant des protocoles similaires à la 1er étude (questionnaires/statistiques), on découvrit qu’hors contexte, les partisans islamistes manifestent de la joie et de la fierté à l’évocation des attentats-suicides, mais lorsque qu’ont les amènent à se rappeler d’un épisode humiliant, comme d’être aligné comme du bétail devant un point de contrôle, alors le sentiment de joie s’estompe à mesure que l’humiliation réapparaît.

Conclusion

D’après les chercheurs, ce n’est donc pas le sentiment d’humiliation qui entraîne des réactions violentes et la lutte armée, malgré le discours souvent développé par les islamistes, qui eux justifient sans cesse leurs actions par le sentiment d’être humilié. Se sentir humilié c’est finalement se sentir diminué, impuissant et faible, c’est donc logiquement, qu’on est enclin à peut agir et à s’enfoncer dans l’inertie. En revanche, il n’est pas impossible que ceux qui ne vivent pas l’humiliation, mais qui la constatent parmi leurs pairs, puissent être eux, enclin à prendre les armes, pour stopper cette afflux de pathos insupportables.

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