Obtus la raison, la dissonance cognitive.

Vive les jeux de mots,  j »avais pensé également à Hobbes tue la raison mais bon,  seuls les francophones peuvent comprendre.

Vous êtes tous irrationnels et subjectifs, moi aussi mais je me soigne.

Je ne le dirai jamais assez sur ce blog, la raison est probablement la chose du monde la moins partagé. En revanche, la volonté de ne pas avoir tord est souvent la norme. Nos régimes « démocratique » font l’apologie du débat, les interlocuteurs prennent les armes avec des :  » les chiffres disent « ,  » c’est scientifiquement prouvé  » ou plus simplement (et vulgairement):  « les français savent bien », « tout le monde le dit », « j’ai entendu dire que » etc. Mais l’idéal subodoré de rationalité pur nos consciences s’est construit en excluant nos inclinaisons émotionnelles, l’ignorance de notre système cognitif enfonçant définitivement le clou : nous sommes tous rationnelles et les débats sont de sains échanges entre personnes utilisant des arguments objectifs…

Cette affirmation est, je le crains, un des présupposés les plus faux et délétères de nos sociétés.

Le concept de dissonance cognitive

Cette théorie élaborée par le psychosociologue Leon Festinger en 1957 est simple à appréhender. Lorsque nos croyances ou nos désirs rentrent en contradiction avec une apparente réalité, nous avons tendance à ressentir une gêne, nous forçant à faire concilier le paradoxe. Brehm et Cohen (1962) montrèrent par exemple que les fumeurs de cigarette, au courant de l’effet néfaste de cette activité sur leurs organismes, avaient tendance à dénigrer l’idée de vivre longtemps. On assiste à ce genre de phénomène chez certaines personnes ayant des troubles alimentaires « il faut bien mourir de quelque chose « ,  argumentaire allègrement repris par les lobbys de l’agroalimentaire pour justifier leurs ventes légalisées de poisons, petite parenthèse…

Face à un écart entre nos croyances et des faits nouveaux, la tendance n’est pas l’élimination de nos anciennes certitudes ou encore une « mise en veille » de celles-ci afin de se donner le temps de réévaluer leurs justesse, mais belle est bien à une savante fuite en avant. Comme dans l’histoire du Renard et les raisins d’Ésope, où un renard voit des raisins à un arbre, mais ne parvenant pas à les atteindre, il se se convainc lui-même qu’en fait les raisins ne sont pas assez mûrs et qu’il ne les voulait pas vraiment.

Il n’y a aucun consensus scientifique affirmant que les femmes et les hommes ont un cerveau différent, oui mais bla, bla, bla, diarrhée verbale. Ce type de phrase devrait vous rappeler des souvenirs.

Un enjeu sociétal

La dissonance cognitive rentre typiquement dans la catégorie des concepts clés, comprendre ce phénomène,  établir sa véracité, sa puissance, ses bases biologiques, c’est ouvrir des possibilités dans l’éducation, la politique, l’économie, la science…

C’est une épée de Damoclès présidant chaque  raisonnement et prises de décisions.  Ce concept est si fondamental qu’il parvient à faire le lien entre des politiques économiques inefficaces menées à répétions, des « erreurs de castings » des individus dans leurs vies amoureuses, des mauvaises méthodes d’apprentissage refusant de se transformer ou encore l’acceptation d’un peuple de son statut de suiveur.

 

 

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